PORTRAIT DE LAURE
Depuis 2003, Laure Godisiabois fait son chemin sur les
planches des théâtres belges. Nous l’avons rencontrée, en toute
simplicité et dans la bonne humeur, en fin de répétition de « Pièce
montée » qu’elle présentera début mars, seule en scène, au Mercelis.
Mi-juin, nous la retrouverons à l’Atelier 210 dans « Fondue savoyarde ».
Pour ceux qui n’ont pas encore le
plaisir de te connaître en tant que comédienne, peux-tu évoquer les
grandes étapes de ton parcours ?
J’ai fait le Conservatoire de Bruxelles, j’ai eu un
prix en déclamation et un prix en art dramatique chez Michel de Warzée
(j’ai eu Patricia Houyoux, Yves Claessens et Daniel Hanssens comme
professeurs) et puis j’ai eu mon contrat aux Galeries avec
« L’amuse-gueule », qui était mis en scène par Martine Willequet.
Ensuite, j’ai joué au Parc, à la Comédie Claude Volter, et maintenant
je prépare le monologue avec Daniel Hanssens.
As-tu suivi d’autres formations après le Conservatoire ?
J’ai fait un stage de clown. Et d’escrime aussi, pour être un peu crédible dans les duels de « Roméo et Juliette » au Karreveld.
Dans ton actualité, tu nous parlais de ce monologue… « Pièce montée ». De quoi s’agit-il exactement ?
C’est l’histoire d’une femme, Françoise, qui invite
tous ses amis chez elle pour un dîner pour fêter son anniversaire.
Seulement, les invités se font un peu attendre… alors il en découle
qu’elle parle un peu de sa vie. Elle les attend, quoi. Et que se
passe-t-il, et bien voilà, ah, ah, on ne le sait pas ! (rires)
Comment te sens-tu dans cet exercice, seule en scène ?
C’est super gai, je m’amuse comme une folle, c’est
vraiment chouette ! Je suis super bichonnée, toute l’équipe d’Argan 42
est là. Tout le monde court à gauche à droite, me soutient. C’est super
gai de retravailler avec Daniel Hanssens, je suis vraiment contente.
Oui, c’est une expérience assez différente par rapport à une pièce où
tu as un autre comédien en face de toi qui te relance la balle, quoi.
Et là, c’est moi qui dois le faire toute seule comme une grande !
C’est un peu comme si, jusqu’à présent tu avais eu l’habitude de jouer au tennis, et ici, tu dois jouer au jokari ?
Oui, c’est ça ! C’est très différent comme expérience.
Tu sembles déjà heureuse à ce stade-ci des répétitions… Cela augure de bien bonnes choses, non ?
J’espère que les gens aimeront bien…
Seule en scène, tu es confrontée à des aspects moins faciles, moins agréables à gérer ?
Le
plus dur, c’est de se dire que je dois tenir toute seule toute
l’énergie, tenir le texte tout le temps. Je suis encore dans les
répétitions, donc on travaille fort là-dessus, sur la continuité,
toutes les humeurs différentes. C’est un personnage un peu décalé, elle
est de mauvaise foi, un peu fofolle, elle a eu plein de vies
différentes, qu’elle raconte d’ailleurs dans le texte.
T’es-tu inspirée de la création originale avec Jaqueline Maillan, ou bien as-tu préféré ne pas la voir ?
J’ai visionné Maillan dans le rôle, mais de toute
façon, ce sera différent, ne fût-ce qu’au niveau de l’âge (puisque
c’est la dernière pièce qu’elle a joué vers soixante neuf ans, au début
des années nonantes. Elle est morte après, …pendant une représentation
d’ailleurs). J’essaie de ne pas penser que c’est Maillan qui l’a fait,
et j’essaie de m’approprier le personnage et de m’éclater là-dedans,
même si je sais qu’on va certainement me dire que c’est Maillan qui l’a
fait. C’est vrai que c’est une sacrée bonne femme et je trouve qu’on
n’en parle pas assez, de tout ce qu’elle a fait. J’adore. Elle osait
tout, elle fonçait et faisait vraiment des trucs très décalés, « second
degré ». Elle prenait le public avec elle, ça fonctionnait bien. Je
trouve qu’on ne parle pas assez d’elle, alors que c’est vraiment une
grande dame, quoi !
Donc tu as choisis l’option de voir la pièce.
Oui, parce que je l’ai retranscrite en fait, parce que
la pièce n’existe pas par écrit. Impossible de la trouver, mais
heureusement il existe une captation dvd. On connaissait l’histoire
dans les grandes lignes, mais pas dans les détails.
C’est, en effet, un procédé inhabituel d’accès au texte.
Oui, Palmade et Maillan l’avaient joué « rien que pour eux ».
Tu es à un moment de ta carrière
où tu as déjà une certaine expérience derrière toi, tu as expérimenté
plusieurs lieux et manières de faire, au Parc, aux Galeries, à la
Comédie Claude Volter, à l’Atelier 210. Parmi les différentes
« familles » qui constituent le monde théâtral belge, as-tu des
affinités plus particulières avec l’une d’entre-elles, dans laquelle tu
te sens un peu « chez toi » ?
Je ne me sens pas appartenir à une famille. Ce qui est
gai, c’est de se lancer. Comme à chaque fois les projets sont
différents, c’est intéressant de voir un petit peu de tout un peu
partout.
Certains comédiens apprécient de collaborer avec tel metteur en scène, dans tel théâtre. D’autres sont plutôt « multifamilles ».
A chaque fois qu’on pense à moi et qu’on me fait
confiance sur un projet, je suis contente. J’ai bien aimé travaillé
avec toutes les personnes avec qui j’ai travaillé. Dans des lieux
différents. J’adore ce que je fais.
Imaginons : je suis une fée qui
peut exhausser tes vœux. Y a-t-il un auteur, un metteur en scène ou un
lieu que tu rêverais d’aborder ?
Je suis déjà super contente de faire « Pièce montée ».
C’est une aventure que je n’ai jamais tentée et dans laquelle je peux
mettre tout ce que je veux.
Je suis la Super Méga Fée ! Il n’y pas que la Belgique…
Non, je prends ce qui vient, je ne sais pas calculer. Je fais un projet, et puis je me dis « on verra ».
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