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Edmond
Rostand,
l'homme d'un seul succès

Une jeunesse bourgeoise
Edmond Rostand

Edmond Rostand naît le 1er avril 1868
dans une famille bourgeoise de Marseille. Son père, Eugène est un
économiste mais également un poète. Il accomplit au lycée de
Marseille de bonnes études où se manifestent son goût précoce pour
le théâtre et son intérêt pour l'Histoire. Il lit avec passion
Les Grotesques de Théophile Gautier et Les Trois
Mousque-taires d'Alexandre Dumas.
A Paris, en 1884,
au collège Stanistlas, il découvre Goethe et Shakespeare et admire
un professeur de littérature, amateur du XVIIème siècle. Tout le
prédispose aux lettres.
Il entreprend
cependant des études de droit en 1886, tout en écrivant des vers et
en gardant l'intention de devenir poète. Pour avoir disserté sur
Honoré d'Urfé et Emile Zola, deux romanciers de Provence, il
remporte en 1887 un prix de l'Académie de Marseille. Il restera
grand admirateur de Zola.
Un début difficile
Sa rencontre avec sa future femme, Rosemonde Gérard, le conduit au
théâtre puisqu'il rédige sa première pièce, en collaboration avec le
frère de celle-ci: Le Gant rouge. C'est un échec. Son premier
recueil poétique, Les Musardises reste sans écho en 1890. La
Comédie-Française lui refuse une pièce pour finalement en monter une
autre, Les Romanesques, en 1894 qui révèle son aisance, son sens
dramatique, sa fantaisie mais dont l'audience est faible. Deux fils
lui sont nés, promis à un brillant avenir: Maurice, future poète et
dramaturge; Jean, futur grand biologiste.
En
1895, Sarah Bernhardt, Lucien Guitry et de Max interprètent, au
théâtre de la Renaissance, La Prin-cesse lointaine qui
sera un succès d'estime et un désastre financier. Tout commence
vraiment lors-que Sarah Bernhardt joue et met en scène, en 1897,
La Samaritaine, évangile en trois ta-bleaux. Elle a déjà
pré-senté à Rostand l'acteur Coquelin qui va collaborer à la
réalisation de Cyrano de Bergerac.
Sarah Berhnardt
Le 28 décembre
1897, la comédie héroïque de Rostand, Cyrano de Bergerac, devient le
plus grand succès théâtral depuis la bataille d'Hernani. Un succès
sans précédent: quarante rappels, un public unanime, toutes
tendances intellectuelles et politiques confondues.
Le Président de la République, Félix Faure, qui se déplace dès le 6
janvier 1898, les partisans de Déroulède ou les amis de Jaurès: tous
contribuent au triomphe. La pièce sera jouée 400 fois jusqu'en 1900
et Coquelin reprendra le rôle jusqu'à sa mort, 950 fois. Dès 1898,
la gloire retentit sur Rostand, élu à l'Académie des sciences
morales et politiques. Elu à l'Académie française en 1901, il y est
reçu à trente-trois ans, le plus jeune académicien d'alors...
Célèbre, encensé, il est encore chargé en 1901 de recevoir la
Tsarine de toutes les Russies en voyage officiel en France pour qui
il écrit son Ode à l'Impératrice.
Pourtant, au faîte
de la gloire, sa santé s'altère et il est contraint de se retirer
dans les Pyrénées où il vivra désormais.
Déceptions
Sarah
Bernhardt dans l'Aiglon
Malgré le succès, la déception, pour Rostand ne tarde pas à se
manifester, surtout en raison du moindre succès de son drame
L'Aiglon (qui fut interprété par Sarah Bernhardt et Lucien
Guitry en 1900).
Il n'achève alors
sa pièce suivante, Chantecler qu'en 1908: jouée par
Lucien Guitry en 1910 et très attendue, elle déçoit le public.
Néanmoins Rostand continue à être fêté par les milieux mondains et
officiels: officier de la Légion d'honneur après L'Aiglon,
il devient commandeur après Chantecler...
Désillusions pour
l'artiste qui fait encore la rencontre importante d'une femme de
lettres, Anna de Noailles.
En 1913, Cyrano
atteint sa millième représentation.
Jusqu'à la fin de
sa vie Rostand publie des poèmes et travaille à La Dernière
Nuit de Dom Juan, pièce représentée après sa mort.
Le 2 décembre 1918
il est, comme le sera le poète Guillaume Apollinaire, empor-té par
l'épidémie de grippe espagnole qui ravage la France.
Lucien
Guitry
dans Chantecler
Homme d'un succès exceptionnel, Rostand a su, au delà de
l'inspiration naturaliste et symboliste de son époque, puiser aux
sources de la tradition héroïque française comme du romantisme
mourant pour réussir un des plus grands succès du théâtre français.
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