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Bulles
production est une jeune maison de production... Et
pourtant... Tout a commencé par un coup de foudre ...
La naissance
Un coup de foudre ...
C’était au mois de mai ‘97. Un de ces mois de mai tout ce qu’il y a de
plus belge. 12°C. Pluie. Un temps à ne pas mettre un kat dehors. Il était
minuit. Nous étions trois. Nous venions de rencontrer cinq filles. Détrempés
par la pluie, debout dans une des rues encerclant une Grand-Place maussade
désertée par les touristes, nous faisions des plans sur la comète. Comment
les revoir ? Impossible avant sept jours. Il suffisait d’attendre. Il
fallait attendre. Le rendez-vous suivant était fixé à 20h30.
Dimanche, 20h30. Elles étaient en retard. Un peu. Quinze minutes. Qu’est-ce
que quelques minutes après 7 jours? Nous n’étions pas seuls au rendez-vous.
Mais tant mieux. Elles arrivèrent d’abord à deux, comme la première fois.
J.Peel et Angel. Deux femmes d’action. Des vraies femmes d’aujourd’hui.
Avec des flingues. Des vrais. Qui permettent d’attaquer les banques. Ou
presque. Qui permettent d’exister. Ou presque. Et une mallette. Enfin ... LA
mallette. Parce qu’il y a mallette et mallette.
Et puis, voilà Stick ! Elle, elle vient de là-bas. Bien que là-bas, c’est
de plus en plus souvent ici. Alors ici, ou là-bas... Elle a son flingue. Parce
qu’il faut. Son truc à elle, c’est plutôt les micro processeurs, l’électronique,
la technique. L’action, c’est juste pour faire comme toutes les autres.
Comme J.Peel, comme Angel, comme Hart ou comme Iron. Et, puis enfin, Hart
arrive. Avec la baleine. Enfin, Sasa, Sally, la Baleine. Qui attend un petit
Balthazar. Sally, la femme de l’employé de banque.
Vous ne comprenez plus rien? Comment vous expliquer ... ? Reprenons plus
clairement. Cinq femmes commettent un hold-up. Cela tourne mal. Il faut sauver
sa peau, chacun pour soi. Quatre seulement s’en sortent. Iron reste sur le
carreau. Enfin, il y a quand même LA mallette. Ce qui va enfin permettre d’exister
décemment dans ce monde qui n’a pas voulu d’elles. Reste à partager le
butin.
Alors, dès que l’argent entre ligne de compte, femme ou pas femme, l’homme
reste un loup pour l’homme. N’oublions pas Sally, l’otage. Celle qui
aimerait s’échapper de ce monde qui a bien voulu d’elle.
Vous comprenez mieux ? Il s’agit tout simplement de cinq femmes d’aujourd’hui,
issues de nos réalités quotidiennes. Et en plus d’ici, enfantées par notre
belgitude. Pas celle de Bossemans et Coppenolle. Non, non. La Belgique de l’instant
présent, celle de J.Peel et de Angel, mais aussi de Hart et de Stick.
La Compagnie Jean Bertoche
Quand on a le plaisir de voir cent pièces de théâtre par an, ce qui est mon
cas, il est rare d’être séduit à ce point par un travail d’artiste, par
une création. On est souvent un peu blasé, ou gagné par un certain
intellectualisme. Il est rare que l’on marche à ce point, que l’on s’abandonne
totalement. Qui plus est quand il s’agit d’un spectacle «comique».
C’est ce qui nous est arrivé lors des représentations de «Kontainer
Kats», en 1987. C’est
rare d’avoir l’impression de toucher à l’essentiel du théâtre.
Nous avons présenté la fiancée à nos amis, à nos proches. Ils ont tous
été unanimes. Il fallait avancer. Alors, nous avons avancé. Un rendez-vous
fut fixé, en plein juillet torride. Ce n’était plus J.Peel ou Sally que nous
rencontrions mais bien une troupe de comédiens. Une vraie troupe, dans sa
signification primale. Des garçons, des filles, des gens qui écrivent, qui
jouent, qui mettent en scène, qui décorent et qui costument. Des gens qui
théâtrent.
Mais surtout de vrais et grands professionnels qui jouent la semaine dans nos
plus grands théâtres (National, Rideau, Parc, Varia, ....).
Avec eux, outre Kontainer
Kats, nous avons eu le plaisir de partager Les Saisis,
un autre spectacle complètement allumé, mais aussi Point final et Quand les
huîtres se cachent pour mourir au Théâtre Le Public.
Le Karreveld ...
... et Bruxellons
An I : “Arlequin poli par l’amour”
C'est en 1999 que, pour la première fois, la Commune de Molenbeek Saint-Jean
nous a confié à la production des spectacles de théâtre d'été au Château
du Karreveld.
A la différence de ce qui devrait arriver pour les années suivantes, le choix
de la pièce a été fait par la Commune: "Arlequin poli par l'Amour"
de Marivaux, dans une mise en scène par Jean-François de Meyer. La troupe
était composée de quatre comédiens - dont deux sont présents de manière
récurente et par exemple dans Bruxellons!2002:
Laurence d’Amelio joue dans le “Le Bourgeois gentilhomme” et Patrice
Mincke met en scène “Les Légendes de la Forêt viennoise” - deux musiciens
et deux chanteurs et une troupe de danseurs.
An II: “Le Songe d’une nuit d’été”
L’année suivante, la Commune de Molenbeek nous a donné carte blanche et nous
avons décidé de présenter “Le Songe d’une Nuit d’été” dans une mise
en scène de Bruno Bulté. Et c’est tout naturellement que nous avons fait
appel aux comédiens de la Compagnie Jean Bertoche au grand complet.
Pour nous, faire du théâtre…
c’est avant tout jouer, s’amuser, avoir du plaisir, et partager ce plaisir
avec les autres, avec beaucoup d’autres.
Alors voilà, il se fait que lorsque la commune de Molenbeek nous a offert cette
carte blanche, le «Songe d'une nuit d'été» s'est imposé à nous comme une
évidence.
Pas de débat. Pas d'hésitation. Une évidence. Alors, pourquoi le «Songe
d'une nuit d'été» ?
Parmi tous les auteurs que nous avons envie de monter, Shakespeare occupe une
place à part. Parce qu'il s'agit d'un auteur démesuré, sans limites. Si ce
n'est celles que nous nous imposons à nous-mêmes. Il est à la fois drôle et
émouvant. Dur et tendre. Pervers et pur. Parce qu'il a rêvé un théâtre qui
est plus vrai que notre monde réel.
Et dans tout Shakespeare, nous avons choisi cette pièce parce qu’elle est
généreuse. Elle s'adresse à chacun d'entre nous. Jeune ou vieux. Amateur de
théâtre ou novice. Mais elle nous a permis de créer un grand spectacle de
théâtre populaire, au sens noble du terme.
Quand d'aucuns prétendent que Bruxelles est une ville morte le soir, nous avons
pris le pari d'animer Bruxelles, de lui rendre son côté festif, convivial.
Dès cette année nous avons créé nos soirées dansantes du samedi. La formule
buffet a séduit près d’un spectateur sur quatre.
Le Songe d’une nuit d’été a été un très grand succès. La Libre
Belgique a même titré: “Génie”. On peut dire que tout cela inaugurait un
“style Karreveld”: professionnalisme, approche différente des grandes
oeuvres du répertoire en les rendant accessibles au plus grand nombre, partage
de notre passion du théâtre, fidélité aux artistes, ...
An III: Bruxellons 2001: 2
spectacles
“Cyrano de Bergerac”, “La Mascarade fantastique”
“Le Songe d’une nuit d’été” réunissant plus de 20 comédiens avait
été l'énorme succès théâtral de l'été 2000. La presse avait encensé la
création et plus de 7.000 personnes soit trois fois plus que durant l'été
1999 avaient assisté à l'une des 25 représentations.
Alors comment poursuivre notre rêve d’offrir à Bruxelles un festival de
théâtre populaire? En créant deux spectacles...
Et tout d’abord, au Karreveld, pourquoi pas Cyrano de
Bergerac? Rêve fou s’il
en est car la pièce nécessite une trentaine de comédiens, des combats, cinq
décors ... Alors, puisqu’il s’agit de rêver, va pour Cyrano de Bergerac.
La pièce de Rostand est magnifique. Car si Cyrano a bel et bien existé, c'est
Rostand qui l'a affublé d'un long nez. Il l'a également rêvé mû par un
idéal de noblesse d'âme et de bravoure. Et puis, surtout il nous a inventé ce
magnifique quartet amoureux, une femme Roxane aimée de trois hommes: Cyrano,
Christian, De Guiche. Et quelles histoires d'amour! La scène du balcon! Le
siège d'Arras! La mort sous l'arbre! Et puis aussi quelles histoires d'amitié!
C'est impossible de parler de Cyrano. Cyrano est en nous. En chacun de nous.
Cyrano, c'est trop intime que pour en parler.
Personnellement, nous trouvons que Rostand a du génie. Oui, oui Rostand a du
génie. Il a signé le plus grand succès de l'histoire du théâtre. Oui, je
sais le succès n'est pas signe de qualité … Et si nous oublions un peu de
nous ériger en censeurs de la versification facile, il nous faut bien avouer
qu'à chaque fois Cyrano rime avec plaisir. Le génie de Rostand est d'avoir
pensé à notre plaisir … Qui d'autre a réussi aussi bien à la fois une
tragédie, une comédie, un drame romantico-héroïque et un conte de capes et
d'épées? Qui d'autre? Offrons-nous un peu de plaisir …
Et puis ce qui nous a surtout décidé à monter Cyrano ... c’est “notre”
Cyrano, Philippe Résimont. Cyrano, c'est l'un des rôles les plus écrasant du
répertoire. Pour jouer Cyrano, il faut être un coureur de fond mais en même
temps un sprinter. Il faut de la force et de la grâce. De la beauté et de la
laideur. Du masculin et du féminin. Du métier, beaucoup de métier. Mais
surtout du talent. Philippe Résimont. Notre évidence...
... Et celle des 10.000 spectateurs qui ont accueilli ce spectacle avec
enthousiasme.
Pour la première fois, nous investissions deux lieux au Karreveld: le premier
acte, avec le fameux combat se déroulait dans la Grange du château...
A suivre ... |