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Pietro Pizzuti
Eléments de biographie
Pietro Pizzuti
Metteur en scène de "Molly à vélo"

Acteur, metteur en scène,
auteur, traducteur, pédago-gue, Pietro Pizzuti est voué au théâtre
corps et âme. Fils de fonctionnaires européens italiens arrivés à
Bruxelles un an après sa naissance à Rome en 1958, il s'embarque sur
le chariot de Thespis pendant ses études secon-daires, le jour où on
lui demande de lire un passage de Pirandello devant la classe.
«Quand j'ai relevé les yeux de mon bouquin, j'ai vu le professeur
essuyer une larme...
Il m'a dit que je devrais
faire du théâtre et j'ai suivi son conseil, tout simplement.»
Après des études de sociologie à l'Université catholique de
Louvain, il entre au Conservatoire royal de Bruxelles, où il a
Pierre Laroche et Claude Etienne pour professeurs. Très vite, les
rôles s'enchaînent et d'emblée à haut niveau: il est l'acteur
privilégié de l'aventure théâtrale du regretté Bernard De Coster,
metteur en scène inspiré trop tôt disparu. Volubile comme il se
doit, avec son beau visage d'Arlequin à l'extraordinaire
expressivité et cette voix profonde et charismatique que l'on
reconnaît entre mille, Pietro Pizzuti aime raconter des histoires et
il le fait comme personne.
Bernard De Coster lui avait dit: «Ecris!» Ce sera «Leonardo ou le
souci de l'éphémère», spectacle (signé De Coster), dans lequel
Jacques Franck saluait en 1987, dans les colonnes de «La Libre
Belgique», «la naissance d'un véritable auteur dramatique». Très
vite aussi, il déborde de son statut d'acteur pour tâter de la mise
en scène. Soucieux de donner voix et chair aux écritures
contemporaines, il fonde l'association Temporalia pour faire
connaître les nouveaux auteurs de toute l'Europe. Après la
disparition de son fondateur Serge Creuz, la Maison du spectacle -
La Bellone fait appel à lui comme codirecteur.
Acteur ouvert à toutes les formes de théâtre, il ne connaît pas de
chapelle, on le voit sur la plupart des scènes belges. Il joue moins
en ce moment, avouant: «Comme comédien, j'ai un peu de mal
actuellement. J'y reviendrai quand les théâtres auront des moyens
plus en accord avec leurs ambitions.» La saison prochaine, il sera
cependant Scapin pour Christine Delmotte et apparaîtra dans sa
propre adaptation de «Journal d'un idiot de guerre» d'Ascanio
Celestini, dont il avait mis en scène le très remarqué «Fabbrica»
avec Angelo Bison.
Après avoir repris le poste de Bernard De Coster au Conservatoire de
Bruxelles, Pietro Pizzuti a fini par renoncer à cette activité
pédagogique à cause d'un agenda trop chargé, ne gardant qu'un
enseignement à la Cambre.
Si le théâtre est sa muse,
Pietro Pizzuti le lui rend bien. Né en 1958, ce comédien romain qui
débuta sur les planches en 1978, n'a eu de cesse d'étoffer son
talent au fil de personnages qu'il a interprétés aussi bien en
Belgique qu'à l'étranger. La France et l'Italie l'ont accueilli, en
tournée, dans des cadres aussi prestigieux que le Festival
d'Avignon, le Théâtre National de Chaillot ou la compagnie
Renaud-Barralt.
A l'aise dans le répertoire classique, Pietro Pizzuti passe avec
virtuosité des vers de Rostand ou de Molière aux tirades de
Shakespeare, plonge avec délice dans l'univers de Victor Hugo
(Quasimodo d'après Notre Dame de Paris), de Ghelderode (Images de la
vie de Saint-François d'Assise), Giraudoux (La folle de Chaillot) ou
Beaumarchais (Le Mariage de Figaro). Avec le même bonheur, il
explore les voies de la création contemporaine en interprétant entre
autres Cinq Nös Modernes de Mishima-Yourcenaer, mise en scène par
Béjart, Le bain de Diane d'après Pierre Klossowsky, mise en scène
par Simone Benmussa, l'Atelier Volant de Valère Novarina, mise en
scène par Alain Timar, Dave au bord de mer de René Kalisky, mise en
scène par Jules-Henri Marchant, Sur le Fil de Fernando Arrabal et
Frankenstein d'après Mary Shelley, mise en scène par Bernard De
Coster, maître-complice de son parcours.
Renouant avec une passion qui ne s'est jamais démentie depuis Les
Désirables de Yves-William Delzenne, mise en scène par Albert-André
Lheureux (1980), il s'engage dans la création de nouveaux auteurs :
Choses qu'on dit la nuit entre deux villes de Francis Dannemark,
mise en scène par Vincent Smetana, Peaux de Chats d'Alain Cofino
Gomez, mise en scène par Micheline Hardy, A-Ronne de Luciano Berio,
mise en scène par Ingrid Von Wantoche Rekowski, L'invisible de
Philippe Blasband, mise en scène par José Besprosvany, Toréadors de
Jean-Marie Piemme, mise en scène par Philippe Sireuil...
Et Pietro Pizzuti de collectionner les récompenses couronnant les
multiples facettes de ses dispositions artistiques. Si divers prix
au Conservatoire d'Art Dramatique de Bruxelles (élève de Claude
Etienne) un Eve de l'interprétation masculine (Lettre aux acteurs de
Valère Novarina, 1989), et le prix Tenue de Ville (L'invisible de
Philippe Blasband, 1997) ainsi que le prix du Théâtre (Au fond à
droite de Raffaello Baldini, 2004) saluent le comédien de théâtre,
d'autres lauriers gratifient l'auteur dramatique et le comédien de
cinéma.
Les Ailes de la Nuit, sa première pièce, a été créée en 1985 par le
Théâtre de l'Esprit Frappeur, sa deuxième : Leonardo, ou le souci de
l'éphémère a été créée au Rideau de Bruxelles en 1987, l'une et
l'autre dans une mise en scène de Bernard De Coster. Léonardo, ou le
souci de l'éphémère, vient d'être traduite en japonais en vue d'une
production à Tokyo dans une mise en scène de Akira Wakabayashi. Sa
troisième pièce Alba Rosa a été créée en 1998 au Centre Culturel de
Charleroi-l'Eden par la Compagnie de la Lune, dans une mise en scène
de Michael Delaunoy.

Depuis une dizaine d'années, le cinéma lui fait les yeux doux.
Pietro Pizzuti accroche son nom au générique des films de Chantal
Akerman (Toute une Nuit), Marion Hänsel (Le Maestro), Jean-Pierre et
Luc Dardenne (Je pense à vous), Marie Mandy (Pardon Cupidon) et Luc
Pien (La Sicilia).

En janvier 1992, alors qu'il est invité à donner un stage sur le
théâtre de féerie au Théâtre du Campagnol à Paris, il fonde avec une
poignée de professionnels du spectacle l'asbl Temporalia dont
l'objectif est d'activer les ferments de la création par l'émergence
de nouvelles écritures pour la scène en favorisant l'interaction
entre les auteurs et le plateau. Avec Temporalia, il organise entre
autre le premier Marathon Européen de la Création Théâtrale en mars
1994, ainsi qu'une deuxième édition en septembre 2000 dans le cadre
des festivités de Bruxelles 2000 (manifestation inédite, le
Marathon, réuni pour une période de six mois, six auteurs européens,
leurs traducteurs, six metteurs en scène, une trentaine d'acteurs et
de techniciens pour l'élaboration de six spectacles depuis
l'écriture jusqu'à leur premier passage à la scène) et les De l'UNDlt
à l'autre (dîners-rencontres avec les auteurs dramatiques en
coproduction avec la Maison du Spectacle-La Bellone), ces soirées
valent à l'association d'être nominée au Prix Océ 1997. Le succès
des activités de Temporalia confirme la nécessité d'un projet global
lié à la création de nouvelles écritures théâtrales en Belgique
francophone. En 1998, il est chargé par le Ministère de la Culture,
ainsi que par l'éditeur Emile Lansman, d'une étude sur la
problématique de l'écriture dramatique en Communauté française de
Belgique, dont les conclusions préfigurent le nouveau Centre des
Ecritures Dramatiques Wallonie-Bruxelles (CED-WB) créé à Mons en
1999. Il et conseiller artistique de la Maison du Spectacle-La
Bellone.
Il a été chargé de cours de Pierre Laroche au Conservatoire d'Art
Dramatique de Bruxelles de 1990 à 1996 et de Frédéric Dussenne au
Conservatoire d'Art Dramatique de Mons en 1998-1999 et en 2000-2001.
Durant l'année scolaire 90-91, il propose à ses élèves un travail
d'écriture qui donne lieu à un spectacle : Grimm (Rideau de
Bruxelles 94). Suivront Apôtre de Philippe Blasband, présenté au
Théâtre de Poche (Premières Rencontres 93), Antonin et Mélodie de
Serge Kribus (Le Public 1996) et Réseau de Vincent Marganne (Théâtre
de la Toison d'Or 1995). Fort de cette expérience, il propose à
Laurence Vielle et à Vincent Marganne d'écrire La Belle au Bois
Dormant qu'il met en scène à Villers-la-Ville en juillet 1994.
Depuis 1982, la mise en scène le passionne (Trois pièces pour dames
seules de Dino Buzzati). D'une saison à l'autre suivront : Petit
matin de Jacques De Decker, Temporairement épuisé de Hubert Colas,
Chambres de Philippe Minyana, l'Inquiétude de Valère Novarina,
Caprices regroupant Crébillon fils et Musset, les Muses Orphelines
de Michel-Marc Bouchard et Cendrillon de Laurence Vielle.
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