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tout
commence dans une certaine perple-xité. Quand la comé-dienne
débarque sur la scène vide, elle est déguisée en grosse bouteille d’Orangina.
Plutôt culottée, la fille, se dit-on, tout en se demandant où l’on
va.
Pietro Pizzuti
Metteur en scène
Peu
à peu, on découvre tout un petit monde, qui nous restera vissé au
cœur une fois la salle rallumée. C’est que la demoiselle endosse une
foule de rôles et de personnages, avec l’aide subtile d’un metteur
en scène rompu à l’exercice – Pietro Pizzuti, qui a aussi aidé à la
finalisation de l’écriture. A ce bal qui a la finesse des petits
gestes s’ajoute la musique toute en dentelle de Jean-Philippe
Collard, qui vient faire grandir le sourire où gonfler les larmes.
A
la tête de la galerie de personnages, Molly se détache, bien sûr:
c’est la narratrice de l’histoire.
Une petite fille de quinze ans qui a des rêves plein sa musette.
Elle ne veut pas travailler chez Carrefour, comme son papa, fan du
général de Gaulle.
Et elle ne veut pas devenir bigote comme sa maman, trop prompte à
dire amen à tout.
D’un coup de pédale qui la mènera jusqu’à l’équipe de France
cycliste, elle s’envolera de son petit village du Loiret,
Saint-Péravy-la-Colombe, avec l’aide d’amis, d’aînés et d’un brin de
chance – cette chance qui se provoque, c’est bien connu.
C’est
une certaine foi dans l’avenir qui fonde le récit. Le point de vue
pourrait paraître naïf ou idéaliste. Mais qui a dit qu’on ne pouvait
pas rêver encore un peu ? Et puis, ce moteur de joie mène à d’autres
sentiments, développés par l’enchâssement des personnages.
Molly a une amie de cœur, Martine, dite Titine, dont elle devra
faire le deuil. Elle croise aussi Michel et Dominique, ses parents,
ainsi qu’une série d’adultes qui la feront avancer ou reculer, au
milieu d’une communauté qui pourrait être de partout – même si elle
est française.
Comme nous, Molly a parfois
envie de descendre de selle, mais quelque chose la pousse à croire
en ses jarrets, sous couvert d’une aventure sportive, c’est un récit
de courage, d’amitié et d’amour qu’a signé la jeune comédienne. Une
histoire de fable éternelle, qui nous laisse frappés d’émotion et
d’humanité.
Laurent Ancion
Le Soir
"Geneviève
DAMAS, dans un monde où ils se font rares, c’est une espèce d’ange.
Sans tambour ni trompette, sans crier gare, on ne l’entend, on ne la
voit jamais venir : tout à coup, elle est là, devant vous, comme un
don du vent, toutes ailes repliées, droite et claire, de la voix, du
regard, de la parole – qu’elle semble avoir facile, simplement parce
qu’elle coule d’une source, dont on devine d’emblée à quelle
profondeur elle tire son eau, et de quelle hauteur elle descend.
Une
eau qui en a déjà vu de toutes les couleurs, qui s’est jetée dans
pas mal d’aventures, autant artistiques qu’humaines, qui s’est
donnée à des rôles, à des textes, - les siens et ceux des autres,
contemporains de préférence - à des musiques, qui a suivi, un temps,
et toujours passionnément, des êtres qu’elle admire, sans jamais se
perdre en eux, ni perdre de vue, d’ouïe pourrait-on dire, le cours
profond du chant intérieur qui l’habite.
Ne
toucher terre - à la ville comme à la scène – que là où elle a
choisi de se poser, n’est donné qu’à celles qui voient loin, et
au-delà parfois du réel qu’il leur faut affronter : normal donc que
Geneviève fasse sa première escale de metteuse en scène à L’L toute
au plaisir, qui ne va jamais sans crainte, ni sans risque, de
partager un rêve de haut vol, avec ses partenaires d’abord, avec le
public ensuite, en les invitant à se laisser porter par lui : ce
qui, pour un ange, est bien le moins. "
Vera FEYDER
Paris, 2003
L'auteur traite de
problèmes métaphysiques sur l'essence humaine, la mort, la religion
sans jamais être ennuyeux, grâce à une bonne dose d'humour. Le
Visiteur a des airs de famille avec Les Ailes du désir de
Wim Wenders, l'inconnu s'émerveillant par exemple à chaque
découverte des contingences de l'incarnation charnelle. Le récit
reste très vivant, (pas de références biographiques). certaines
répliques font mouche : “C'est la bête en moi qui veut croire,
pas l'esprit. C'est le corps qui ne veut plus tremper ses draps
d'angoisse... Dieu c'est la révolte de la carcasse” dit Freud,
l'incrédule.
Dans cette crise, il
se voit offrir la foi en un dieu qu'il a toujours récusé. Se
convertira-t-il? S'enfermera-t-il dans ses convictions? Par un
astucieux procédé final, Eric-Emmanuel Schmitt permet à son
personnage de rester dans un ineffable doute.
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