EVENEMENT

En 2008, le Festival

 Bruxellons!

fêtera sa

10ème

édition
La création du festival 2008
L'île des
Esclaves
La comédie la plus drôle de Marivaux

Humour et sensibilité

Crâne d'Œuf a 10 ans, est à l'hôpital pour enfants en phase terminal d'une leucémie, entouré d'une bande de copains aux maladies toutes plus enviables les unes que les autres. Ses parents sont des cons et des lâches qui ne le comprennent pas, et son médecin est déçu: Oscar est un obstacle à la médecine et à l'espoir médical.

Tout cela pourrait paraître bien peu réjouissant, si Oscar n'avait fait la rencontre de Mamie-Rose, visiteuse d'enfant tellement âgée qu'elle en est périmée, ancienne catcheuse au cœur gros comme une barbapapa, qui lui a conseillé d'écrire à Dieu.

Ce concentré de bonheur est la compilation des 10 lettres d'Oscar à Dieu, issues toutes droites de l'imagination d'Eric-Emmanuel Schmitt.

Ces lettres d'Oscar sont écrites avec les mots et les maux du petit garçon qu'il est. S'adressant à Dieu: "Écrire, c'est rien qu'un mensonge qui enjolive. Un truc d'adultes. La preuve? Tiens, prends le début de ma lettre: "Je m'appelle Oscar, j'ai dix ans, j'ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j'ai grillé les poissons rouges) et c'est la première lettre que je t'envoie parce que jusqu'ici, avec mes études, j'avais pas le temps", j'aurais pu aussi mettre : "On m'appelle Crâne d'Œuf, j'ai l'air d'avoir sept ans, je vis à l'hôpital à cause de mon cancer et je ne t'ai jamais adressé la parole parce que je crois même pas que tu existes."".

Bien loin d'une approche facile où Dieu apparaît sur demande pour résoudre tous les soucis, guérir toutes les maladies et j'en passe, Schmitt s'est vraiment appliqué à introduire le lecteur dans la tête de Crâne d'Œuf, avec les mêmes pensées et les mêmes idéaux que nous pouvions avoir à son âge: c'en est bluffant tellement on s'y croit!

Plus encore que l'approche de la religion, c'est une vraie leçon de vie qui nous est donnée, modeste et libre d'accès. De plus, grâce à une brillante idée, Schmitt, via Marie-Rose, permet à Oscar, donc à nous, de vivre une vie entière en dix jours!! Le tout est tellement bien écrit et exploité que l'on est reste coincé entre un franc sourire (l'humour y est fin et fort à la fois) et une réelle admiration.

Le sentiment est aussi profondément au rendez-vous. A moins de rester très distant par rapport à l'histoire, la dernière lettre vous fera très certainement verser des larmes de crocodiles...

"Le jour où je suis revenu de l'école en leur disant qu'il fallait arrêter de déconner, que je savais, comme tous mes copains, que le Père Noël n'existait pas, ils avaient l'air de tomber d'un nuage. Comme j'étais plutôt furax d'être passé pour un crétin dans la cour de récréation, ils m'ont juré qu'ils n'avaient jamais voulu me tromper et qu'ils avaient cru, eux, sincèrement, que le Père Noël existait, et qu'ils étaient déçus d'apprendre que ce n'était pas vrai! Deux vrais tarés, je vous dis, Mamie-Rose!"

La fable est émouvante, spirituelle, aux deux sens du terme. On sourit aux facéties du gamin, qui nous donne une leçon de vie, tout en nous  interrogeant sur les grandes questions de l'existence: le bonheur, la mort, l'au-delà, l'amour…

Eric-Emmanuel Schmitt signe ici un prodigieux conte métaphysique sur la souffrance et la lâcheté. Un conte pour réconcilier le matérialisme athée avec l'espoir de la foi. Pour faire comprendre à tous ceux qui en doutent que «la maladie, c'est comme la mort. C'est un fait. Ce n'est pas une punition». Audacieux, et sacrément plus efficace qu'une thèse ou de beaux discours. On devrait faire lire ce petit texte à tous ceux qui, de près ou de loin, croisent un hôpital sur leur route.