Le film de Bernard Rapp tiré de la pièce
Bernard
Rapp a adapté au cinéma la pièce aux cinq Molières avec dans les
rôles principaux: Yvan Attal et Sandrine Kiberlain.
Bernard Rapp, comment avez-vous découvert la pièce
Un petit jeu sans
conséquence?
J'étais en mixage de mon précédent film, en
Belgique, lorsque Bruno Pesery m'a appelé en me demandant
d'aller voir cette pièce dont il avait acquis les droits.
Lorsque j'y suis allé, la salle était comble, comme chaque soir.
Le public s' amusait beaucoup de cette histoire de séparation,
pourtant très cruelle. C'est cette cruauté, mélangée au rire
qu'elle suscite, qui m'a beaucoup intéressé.
La transposition
d'une pièce de théâtre au cinéma est un exercice difficile.
Dans
la mesure où Un petit jeu sans conséquence repose sur un
dialogue à la fois drôle et omniprésent, et où l'action est
tenue à l'unité de temps (une journée) et de lieu (une maison),
je devais m'appuyer sur ces caractéristiques.
Ma démarche
s'est inscrite dans une simplicité et une humilité qui avait
pour but de laisser place à la performance des comédiens. Cela
produit un sentiment de mise en scène classique que certains
jugeront peut-être peu inventive. Mais je me suis attaché à
trouver du rythme en associant des plans presque toujours en
mouvement (au steadycam) et en privilégiant l'accompagnement des
acteurs.
Au montage, j'ai choisi de laisser certains plans en
longueur pour mettre parfois en valeur le rythme naturel de la
comédie.
En revanche, la règle était de ne jamais passer à côté
d'un regard ou d'une intention comme savent en offrir les
comédiens qui tiennent aussi bien leur personnage.
Diplômé de l'Institut français de presse
après une licence de droit, Bernard Rapp commence par des piges
à Combat et Le Monde.
En 1976, le journaliste entre à Antenne 2. Il est d'abord grand
reporter avant d'être correspondant à Londres en 1981. Il y
reste deux ans, mais gardera toujours une élégance et un humour
'so british'.
En 1983, Pierre Lescure le rapatrie pour succéder à Patrick
Poivre d'Arvor à la présentation du 20 heures. Pendant 4 ans,
Bernard Rapp raconte le monde avec décontraction et une pointe
d'ironie. Il se lance ensuite dans les magazines culturels avec
notamment L'Assiette anglaise, Caractères,
Héros vinaigrette ou encore Un siècle d'écrivains.
Après en avoir parlé à la télévision, il se tourne vers sa
passion: le cinéma. Son premier film en tant que réalisateur,
Tiré à part (1996), le replonge dans
le milieu de l'édition. Mais c'est avec son deuxième film,
Une affaire de goût (1999), qu'on le
considère comme un cinéaste à part entière. Après ces deux films
sombres, il se dirige vers plus de légèreté avec Pas
si grave (2003). L'année suivante, il adapte
Un petit jeu sans conséquences. Il
réécrit le scénario avec sa patte, ajoutant un peu de noirceur à
la comédie. Il meurt d'un cancer à 61 ans, alors qu'il
travaillait sur un dernier film, La Vierge rouge.