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Jean-Michel Ribes,
l'auteur (Interview) Un spectacle de Jean-Michel Ribes, ça ne se manque pas. Car le père de "Palace" sait s’y prendre quand il s’agit de faire rire et réfléchir. Et cette fois-ci, ce sont les musées qui sont au cœur de son art. Rideaux.
Qu’est ce que le musée aujourd’hui ? Qui l’habite ? Qui
vient le visiter ? Et pourquoi ? La pièce de Jean-Michel
Ribes, Musée haut, Musée bas, tente de répondre à
ces questions en explorant "ce lieu où se rencontrent
les muses, où se mêlent l’art et la vie, les mortels et
les immortels…". Sur scène évolue une palette
étonnante de personnages : des guides hystériques, un
conservateur qui hait la nature sauf en peinture, des
gardiens moroses qui tentent de remonter le morale des
œuvres délaissées par le public… Un spectacle truculent
que le Théâtre du Masque d’Or présente dans
l’Edifice principal des Tanneries d’Amilly, dans le
cadre d’une exposition d’art contemporain. Du 14 juin au
8 juillet, le décor prend enfin vie. Et grâce à Clarc,
l’auteur aussi… Interview.
Clarc : Comment vous est venu l’idée d’écrire une pièce sur les musées ? Jean-Michel Ribes : L’idée de la pièce est partie de cette phrase d’André Breton : "J’avoue j’ai passé comme un fou dans les salles glissantes des musées". Ce qui m’intéressait c’était de montrer à quel point le musée vous emmène dans différents univers : un coup vous êtes dans une salle avec les impressionnistes puis vous changez d’étage et vous êtes chez les égyptiens ; vous descendez vous êtes chez les dadaïstes et vous remontez, vous tombez sur la peinture hollandaise. Il y a des chocs culturels incroyables. Mais à quel point ce monde est révélateur de la comédie humaine ? L’idée c’était de se dire que finalement, malgré tous ces chef-d’oeuvres accrochés aux murs, les vrais chef-d’œuvres sont ceux qui les regardent. Clarc : Pourquoi ce titre "Musée haut, Musée bas" ? Jean-Michel Ribes : Parce que je crois qu’aujourd’hui il y a une culture haute et une culture basse. Il y a des gens qui exposent une paire de chaussures dans de la confiture et à côté il y a la Joconde. Qu’est-ce qui est le plus artistique ? Cette dame devant qui, depuis 500 ans, des milliers de touristes regardent le sourire un peu niais sans remettre en cause une seconde de savoir si c’est un chef-d’œuvre ou pas ? Où est l’art ? Clarc : Justement, n’avez-vous pas dit que "l’art est partout" ? Jean-Michel Ribes : Oui, dans la mesure où l’art est passé dans la vie, dans la rue, dans l’existence quotidienne. Beaucoup de gens conduisent des voitures Picasso sans savoir qui est Picasso, se garent dans un parking Vinci sans savoir qui est Vinci et disent que le prix est "surréaliste". Il y a une pénétration de l’art dans la société plus ou moins inconsciente. C’est un phénomène assez intéressant pour pouvoir en faire une comédie. Clarc : Pour vous "les musées sont amusants". Comment convaincriez-vous ceux qui les trouvent ennuyeux ? Jean-Michel Ribes : Je leur dirais que le musée est un endroit apaisant, revigorant, que c’est un endroit où on se dit que tout est possible, que le rêve est encore là. Un endroit qui nous permet d’échapper à la dictature de la réalité, qui semble être quelque chose de définitif mais qui en vérité cache beaucoup d’espoirs et de planètes à découvrir. Que c’est aussi un asile de fous parce que les artistes sont souvent tous fous mais qu’en même temps, le musée est le temple absolu de la liberté et du rêve. Clarc : Dans votre pièce, le conservateur hait la nature sauf en peinture. Quel message voulez-vous faire passer ? Jean-Michel Ribes : Aujourd’hui, n’importe quel homme politique qui ne sait pas quoi dire déclare : "il faut sauver la planète". La nature n’est pas que belle. On est quand même sorti des cavernes pour construire Venise. Dans ma pièce, ce personnage se demande si on trouvait les arbres beaux avant que Corot ne les peignent. D’une certaine manière c’est la nature qui imite l’art et pas le contraire. Clarc : Quels sont vos artistes préférés et votre musée préféré ? Jean-Michel Ribes : Ça dépend des jours et des humeurs ! Mais dans mes favoris il y a des gens comme le Caravage qui me fascine tout le temps. Peut-être parce que c’était une espèce de voyou dans la vie. J’aime aussi beaucoup Goya, Picasso et Manet. Et j’aime beaucoup de peintres d’aujourd’hui, de Christian Boltanski à Gérard Garouste. Quant au musée, j’aime beaucoup le Mac Val. C’est un musée qui est bien dessiné, qui a une architecture très agréable et qui implante de l’art d’aujourd’hui dans une banlieue parisienne. C’est juste. Il n’y a pas d’exclusion. Il montre que l’art est un enchantement pour tous, que le patrimoine est pour tout le monde. © www.clarc.regioncentre.fr
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