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Ce spectacle est l'un de nos plus beaux coups de cœur. Il s'agit bien sûr de l'un des textes les plus poignants d'Eric-Emmanuel Schmitt mais ce qui nous semble fantastique, c'est que, malgré l'émotion omniprésente, l'on passe son temps à rire. On doit cette alchimie réussie à deux artistes: Michel Kacenelenbogen, le comédien, et Olivier Massart, le metteur en scène.
“Michel Kacenelenbogen fait palpiter la
rencontre entre Momo et Monsieur Ibrahim, l'épicier musulman. Un
seul en scène plein d'humour et d'émotion”
Pourtant, il n'est pas Arabe, mais la rue Bleue ne l'est pas non plus. C'est un quartier du Paris populaire où se côtoient Juifs et Arabes, épiceries et maisons de passe. Moïse, onze ans, y fait ses courses, ses classes. Délaissé par un père absent, abandonné par sa mère, il trouve chez Monsieur Ibrahim l'épicier, chaleur, attention et tendresse; les racines dont on l'a privé. Le nez dans son Coran davantage que dans sa caisse enregistreuse, Monsieur Ibrahim n'a pas les yeux dans sa poche. Il sait. De cette sagesse immémoriale, qui franchit les âges et les cultures. Il sait que celui qu'il appelle Momo n'est pas Mohammed mais Moïse, le petit Juif, l'enfant à sauver. Par-delà les différences. Après tout, n'est-il pas l'Arabe lui qui est Turc? «Arabe, ça veut dire ouvert de 8 heures du matin à minuit même le dimanche.» Le vieil homme et l'enfant sont seuls dans l'existence, et vont s'apporter l'essentiel par-delà les préjugés de l'âge et de la culture; à savoir l'affection. Imprégné de sagesse soufie, Ibrahim sera un initiateur et un guide sur le chemin de la vie tandis que Momo accompagnera le vieil homme vers sa dernière demeure.
“Michel Kacenelenbogen triomphe avec Monsieur
Ibrahim et les fleurs du Coran. Justesse et émotion.”
“Michel Kacenelenbogen fait palpiter cette
histoire simple et belle avec un don d'enfance qu'on ne lui
avait pas encore vu en scène. Capté dès les premières syllabes,
le public ne décroche plus pendant cette heure et demie au cours
de laquelle Momo entre dans sa vie d'homme et Monsieur Ibrahim
arrive au terme de la sienne.”
"Autant l'adaptation cinématographique avec
Omar Sharif m'avait faiblement séduit autant la performance de
Michel Kacenelenbogen, mis en scène par Olivier Massart, donne
une évidence à ce dialogue intériorisé. Kacenelenbogen joue
l'homme, l'enfant et quelques autres personnages, comme s'il se
racontait sa propre histoire. Curieuse supériorité du théâtre
sur le cinéma, quand une conversation intime dépasse l'image
réaliste du film.”
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