EVENEMENT

En 2008, le Festival

 Bruxellons!

fêtera sa

10ème

édition
La création du festival 2008
L'île des
Esclaves
La comédie la plus drôle de Marivaux

Flore Vanhulst met en scène...
"L'île des Esclaves"

châtier les mœurs en riant...

Les spectateurs seront invités à prendre leur ticket pour un voyage insolite vers une histoire à la fois drôle et cruelle.

 

Tous embarqués sur le même navire, du côté de la vie “réelle”,  c’est après le naufrage que cette vie, passée sous la loupe du théâtre, apparaît sous les traits nouveaux et inversés du jeu, de la scène.

Un damier en escalier, un échiquier-miroir de la représentation, figure “L’île”.

Les personnages, entre deux époques, dans l’ici et l’ailleurs, dans le maintenant et dans l’autrefois, traumatisés par l’accident, avancent, comme des pièces de jeu d’échec, manipulés par le maîtres de l’île. 

Trivelin, sorte de double de Marivaux lui-même, fait se livrer ces personnages-cobayes à d’étranges combats, de burlesques moqueries, et de drôles de rencontres. Il remet en scène les relations de pouvoir et de domination, en termes de force, d’autorité, et de désir, avec une cible privilégiée et terriblement actuelle: la société qui fustige; celle du paraître, de la vanité, de la séduction et du spectacle.

Comment se comporter, quelle attitude adopter, quand nous sommes contraints de vivre avec le nom, les habits et les attributs de l’Autre? Comment passer à travers les épreuves risibles et cruelles d’une République où tout est inversé?  

Dans L’Ile des esclaves, la réalisation de cette épreuve, infligée autant aux maîtres qu’aux esclaves, se fait sous nos yeux, avec jubilation et ironie, sans en évacuer les obstacles et les pièges.

Les personnages, comme miroir des spectateurs, au delà du combat social, se battent avec leur condition d’êtres. Tout ce processus reste fidèle à la fameuse devise de Molière: “castigare ridendo mores”, châtier les mœurs en riant... La soif du pouvoir, la violence, l’intérêt personnel, la vengeance, le refus de l’autre, le jusqu'auboutisme, la lâcheté, l’injustice, ...  sont prétextes à faire rire, pour d’autant mieux critiquer.

Il en sort une comédie onirique irrésistible, entre l’implicite de la suggestion et l’explicite carnavalesque, entre l’esquisse légère et la caricature appuyée. La gravité des enjeux de cette pièce, annonciatrice de la Révolution, mais aussi extraordinairement actuelle, sont sans cesse désamorcés par la parodie ludique, la dimension farcesque de cette île enchantée.

Flore Vanhulst.